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18 de fevereiro

Deux films français...

 
Si vous n'avez pas entendu parlé de la sortie de ce film, c'est que vous n'étiez pas sur la planète Terre.
D'ailleurs, peut-être qu'il y en a eu trop, justement, de publicité. en tout cas pour ma part. Car au bout d'un moment, je me suis dit qu'on nous avait montré le principal.
 
Mais malgré le très beau temps, l'heure (séance de 13h), la salle était comble.
Le pitch : la vie d'Edith Piaf, de sa plus tendre enfance (enfin, tendre...) à sa mort, 47 ans il me semble (elle en faisait bien 20 de plus).
Olivier Dahan a un respect évident pour la chanteuse. Il ne s'attache pas à sa vie sentimentale, mais à sa vie de scène. Ce qui finalement revient au même. Elle l'a dit elle même, si elle ne peut plus chanter, elle ne peut plus vivre. L'amour, la chanson, la scène, la vie, tout est lié.
 
Marion Cotillard est bouleversante dans le rôle titre. Qu'elle est Piaf est peu de le dire. Elle bouffe l'écran. Qu'elle soit Piaf à 19 ans qu'à la fin de sa vie, sa composition est magistrale. Elle est très bien entourée, de Pascal Greggory, à Jean-Pierre Martins, en passant par Emmanuelle Seigner, très touchante en prostituée qui sera pour quelque temps la mère d'Edith, mère qui ne saura pas s'occuper d'elle.
 
J'ai eu la gorge serrée plus d'une fois. Et dans le plan séquence dont j'ai beaucoup entendu parlé -Piaf apprend la mort de Cerdan, l'homme de sa vie- Marion Cotillard montre tout l'étendu de son talent.
Et c'est bien là le problème. J'ai toujours beaucoup aimé cette actrice, "simple", dans le sens où l'on ne voit pas son travail (comme Karine Viard). Et le fait qu'elle soit sur-maquillée pour des raisons logiques (jouer une femme qui est censée avoir 20 ans de plus, malade de surcroît) ajoute une fausseté malvenue qui gâche je trouve tout le travail de la comédienne. Et c'est dommage. Car finalement, était-ce vraiment utile de montrer l'histoire de Piaf après 40 ans, alors qu'elle n'était plus que l'ombre d'elle même, qu'elle se droguait, qu'elle prenait des médicaments à n'en plus finir pour combattre le mal qui la rongeait... je pense que c'est une erreur, pas forcément une erreur de forme, mais une erreur pour sa comédienne. Même si elle est incroyable, encore une fois, que ce soit en Edith Piaf chantant dans les rues ou Edith Piaf à la fin de sa vie. Car on voit bien, on sent bien que le personnage lui sort des tripes. Je ne pense pas que le réalisateur lui ai fait un cadeau pour le coup. Doublement dommage. Le grimage fait de l'ombre à l'émotion.
 
Et le fait aussi d'avoir sans cesse des flash-backs. Au milieu du film, il y en a moins, on peut alors respirer et se plonger dans l'histoire au moment M. Mais passer sans arrêt de Piaf à 8 ans, puis une semaine avant sa mort, puis 1 mois avant, et puis zou on revient à ses 10 ans... ça coupe l'émotion plus que ça ne l'aide.
Mais il y a des moments de grâce, bien sûr aussi aux chansons interprétées par la grande chanteuse. Lorsqu'on entend Mon Dieu, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps... bon j'avoue, comme à peu près à chaque fois que je l'entends. Mais il faut aussi saluer les comédiennes qui jouent Edith Piaf à 5-6 ans et 10 ans : Manon Chevallier et Pauline Burlet. Elles sont superbes.
 
Conclusion : le film aurait été parfait (si la perfection existe) si l'histoire avait été arrêtée à temps, c'est à dire quand par exemple Edith Piaf chante une dernière fois à l'Olympia, avec entre autre, la chanson Je ne regrette rien. Marion Cotillard, poignante, aurait laissée une image (presque) authentique de la chanteuse. Et seule son immense talent aurait été ressenti.
 
 
 
Si vous voulez voir un film émouvant sans fioriture, allez voir
 
le treizième film me semble-t-il de René Féret, avec le génial Jean-François Stévenin (qu'il avait dirigé dans Les Frères Gravet) et la fille du réalisateur, Marie Féret.
 
Olivier passe sa vie à travailler. Mais après le départ de sa femme, il se bat pour avoir la garde de leur fille Léa. Le juge donnera raison au père, pour que la fillette ne perde pas ses repères. Mais Olivier ne sait jamais vraiment occupé de sa fille. Il ne sait comment être avec elle, tout simplement. Mais entre ces deux là, finalement, il n'y a pas besoin de grandes discussions.
Et c'est là toute la beauté de ce film, qui nous montre l'histoire de ce père et sa fille.
René Féret a réalisé un film superbe, parce que son duo l'est. Olivier, qui a une première fille d'une vingtaine d'année avec qui il n'a jamais vraiment parlé, partagé des choses, sait qu'il ne sait pas comment parler à Léa pour lui dire qu'elle est tout pour lui, et qu'il risque à chaque instant de la perdre.
 
Il y a une joie de vivre dans ce film, un bonheur impalpable, une émotion toujours présente qui fait beaucoup de bien. Ici, il n'y a que de la simplicité, simplicité de la réalisation, de l'écriture, mais aussi des comédiens, qui jouent "naturel" (on imagine tout le travail pour en arriver là). Et ça fait du bien. Le fait que la propre fille de Stévenin joue sa fille aînée apporte une touche d'autant plus émouvante que les deux personnages se rapprochent dans les difficultés que traverse Olivier.
 
Très bons comédiens, très belle histoire sensiblement réalisée : en conclusion : courrez voir ce film avant qu'il ne vous échappe et se fasse manger tout cru par les méga-productions. Ca serait vraiment dommage.
 

La vie des Autres

 
Premier film de l'allemand Florian Henckel von Donnersmarck, et c'est une réussite.
 
Dans les années 1980, un ministre demande à la Stasi de mettre sur écoute un jeune auteur de théâtre, Geoges Dreyman, le suspectant de ne pas adhérer aux idées de l'Allemagne de l'Est. Ainsi, l'auteur et sa compagne Christa-Maria, comédienne, vont être écoutés jour et nuit par deux agents, dont Weisler.
Mais celui-ci, rentrant petit à petit dans l'intimité du couple, va être de plus en plus fasciné et attiré par ce milieu et ce couple qu'il est sensé surveiller.
 
D'une mise en scène sobre, des acteurs au diapason, ce film frappe juste. Le sujet est traité sans fioriture, et c'est là sa force. La vie des autres pourrait être la notre, et le traitement utilisé est d'autant plus fort et juste. Weisler, cet officier de la Stasi, croit connaître toutes les techniques pour reconnaitre un traitre d'un innocent. Tout est dans la tactique pour faire parler le fautif. Dès la première scène, l'atmosphère est donné. Par sa réalisation, donc, sobre, mais aussi la lumière marron-orangé qui souligne toute la tension qui traverse le film.
 
Le pouvoir donne carte blanche à ceux qui la possède. Parce que le ministre est amoureux de l'actrice, il voudra faire tomber l'auteur, et porfitant de la politique communiste, fera tout pour arriver à ses fins. Mais dans ce système inhumain, totalitariste, c'était sans compter sur l'humanisme qu'avait tenté d'effacé en tous ces agents la Stasi. Weisler, agent froid et travaillant corps et âme pour l'Etat, va petit à petit découvrir l'art, et commencé à protéger celui qu'il est censé faire enfermer pour trahison.
 
Un film qui , malgré quelques petites longueurs, est à voir absolument. Un film qui mélange le thriller politique, la romance, sans tomber dans le mélodrame.
15 de fevereiro

Coup de coeur

Je viens de lire la liste des nommés pour les césars 2007 (oui, un peu tard je sais...). Pas de surprise évidemment.
Mais j'ai une demande à faire : VOTE MALIK ZIDI !!!!! Depuis le temps (4e nomination quand même, du jamais vu parait-il), il le mérite.
Voilà, merci
 
14 de fevereiro

Pêle Mêle

Bonjour tout le monde,
ces dernières semaines ont été bien remplies, mais j'ai quand même eu le temps d'aller voir quelques films. Bon, ayant un peu la flême je vous l'avoue, je ne ferai pas les "pitchs" des films. Bouuuu, c'est pas bien, je sais.
 
Dans l'ordre : Fur, avec l'excellent Robert Downey, Jr et Nicole Kidman, qui m'a un peu déçu dans ce film. Elle interprète Diane Arbus, qui aurait méritée d'avoir plus de relief. Le film est très esthétique, trop, car on n'arrive pas à rentrer totalement dans le film. A voir pour Robert, donc.
 
Pars vite et reviens tard, avec le géant José Garcia, entouré de comédiens aussi bons les uns que les autres. Sauf... et oui, j'ai une petite réserve : je trouve que le choix d'un des acteurs n'est pas judicieux. Ceux qui n'ont pas vu le film, passé au paragraphe suivant...
Le choix de Marie Gillain, par ailleurs très bien, met un peu -beaucoup pour ma part- sur la piste. Car pendant les 3/4 du film, on ne la voit pratiquement pas, son personnage n'est pas du tout développé. Rapidement je me suis dit : si elle a accepté, c'est pour une bonne raison, ça doit être elle. Et ça n'a pas loupé. Dommage donc.
Reste un bon film policier, le choix du musicien Patrick Doyle pour la bande son donne une atmosphère très anglophone, ce qui, je trouve, donne une touche plus universelle au film, qui se déroule à Paris. Le suspense s'essoufle petit à petit, mais José Garcia bouffe tellement l'écran, qu'on reste accroché à l'histoire.
 
Les Ambitieux avec la géniale Karine Viard. Peut-être la seule actrice qui m'épate à chacun de ses films. Par contre, je n'ai pas aimé la "moral" de l'histoire. Peut-on voler la vie de quelqu'un sans qu'il le sache, et le poser sur papier et le publier? Dans le film la réponse est oui, inutile de vous dire que pour moi la réponse est non. Pour la grande Karine.
 
Molière avec une pléiade d'acteurs qui s'en donnent à coeur joie. Certains critiques n'ont pas aimé le film parce que, celon le film -qui est une fiction- Molière aurait entendu certaines de ses futurs répliques les plus connues. Certains ont donc été génés qu'on montre un Molière n'ayant pas sorti de son cerveau lesdites répliques.
Je trouve que le film est, au contraire, un bel hommage à notre Jean-Batiste national, campé par l'incroyable Romain Duris, qui, comme Karine Viard, m'épate à chaque fois. Regardez Dans Paris, de Christophe Honoré, ça n'a rien à voir. Il est excellent dans le rôle de Molière, tour à tour sûr de lui, moqueur, désenchanté,... et j'en passe. Laura Maurante est superbe, et son accent italien ne gâche en rien son personnage de femme de tête, il rajouterait même un je ne sais quoi de super sexy. Fabrice Luchini est génial, il dit comme personne les mots. Edouard Baer est excellent en Dorante calculateur. Bref, à voir rapidement si ce n'est déjà fait. Molière est mon film du mois.
 
Le film mièvre du mois : Odette Toutlemonde de l'écrivain Eric-Emmanuel Schmitt, qui m'avait habitué à mieux. Pour l'histoire. Ces personnages sont caricaturaux à souhait, Catherine Frot fait du Catherine Frot, Francis Webber joue le même rôle que dans Les Ambitieux, seul Albert Dupontel échappe à ce schéma de déjà vu. Que se passe-t-il en France? Des comédiennes comme Frot, Huppert ont toujours le même style de rôle. Sont-ce les producteurs, les réalisateurs qui manquent d'imagination? Ou alors la peur que le public soit déçu ou je ne sais quoi? Je n'ai pas cité ces deux comédiennes par hazard. Elles ont partagé l'affiche du film Les soeurs fâchées. Bien sûr qu'elles étaient bien. Mais personnellement je trouve que s'ils avaient fait un mixe de films avec Isabelle Huppert d'un côté et de Catherine Frot de l'autre, on aurait obtenu la même chose. Moi j'aurais osé faire l'inverse : Frot jouant la fille coincée et Huppert la petite provencale débarquant à Paris et vivant au jour le jour... Enfin bref, tout ça pour dire que j'ai bien été déçue.